Le lieu du nonlieu

d'après Lo luòc del nonluòc de Jaumes Privat ed. TrobatVotz
 
e demòras sul trepador, demòras sul cai, sul cai. i aurà pas pus cap de trin, zo sabes, e montas pas. as pas la bilheta. sens luòc, demòras sens luòc. e demòras sens tu. e sabes que lo temps. que lo temps del trin es pas pus tieu. e demòras sul trepador. despolhat, ton arme estrifada la penjas dessus las vias. e demòras sul trepador, sens arma. sens cai. te demòra lo tieu còs, de mans, de braces, de pès, de pèl, de sèxe. e demòras sens cai, sens aire, sensa pèl, sens sèxe. e lo trepador s’esvanis, coma un trin. te demòra aquel còs sens pèl, las mans, los braces, aquel res, aqueste sens-res. e l’arma estrifada que pendolha aval. e cap pus arma.

e de res per res, de pèl, de braces, de mans. aqueste non. aquel non del temps. aquel non-trin. un non-luòc.

escafar.

cercas la goma.  
 

Citation


et tu restes sur le quai, tu restes sur le quai, sur le quai. il n’y aura plus de train, tu le sais, et tu ne montes pas. tu n’as pas le billet. sans lieu, tu restes sans lieu. et tu restes sans toi. et tu sais que le temps. que le temps du train n’est plus tien. et tu restes sur le quai. dépouillé, ton âme déchirée tu la suspends au-dessus des voies. et tu restes sur le quai. sans âme. sans quai. il te reste ton corps, des mains, des bras, des pieds, de la peau, du sexe. et tu restes sans quai, sans air, sans peau, sans sexe. et le quai disparaît, comme un train. il te reste ce corps sans peau, les mains, les bras, ce rien, ce sans-rien, ce corps-rien. et l’âme déchirée qui suspend là-bas. et plus d’âme.

et du rien pour rien, de la peau, des bras, des mains. ce non. ce non du temps. ce non-train. un non-lieu.

effacer.

tu cherches la gomme.


 

Note d'intention, présentation


Aujourd’hui, il devient très important d’émouvoir sur le sort des femmes dans les rues, sur le sort des migrantes, sur le sort des personnes queers, sur le sort du reste du monde.

Une gare routière, un arrêt de bus ou de car, une gare ferroviaire ou une aérogare. Un endroit qui n’est pas rassurant. 
Une femme, on ne sait pas vraiment qui, tente de partir, de fuir et force le public à écouter ses doutes. 
Un long poème dramatique dans lequel l’auteur évoque le départ, le voyage, les inquiétudes, les incertitudes et les hésitations à partir, où que ce soit. 
Un spectacle coup de poing, par la force des performers et de la langue poétique et lancinante.

La langue mystérieuse et virulente de Jaumes Privat, une langue de clocharde céleste qui va merveilleusement à la slameuse Olza Olzeta, elle-même dotée d’une capacité de fascination et d’accroche du public hors du commun.

Spectacle bilingue occitan-français.

Distribution

Mise en scène : bruno paternot
Jeu : olza olzeta , bruno paternot
Collaboration artistique : claire engel , pascal ferry , sarah fourage , pascal frery , jules tricard
Production : gabrielle baille